Il est vivant, enfin presque. Il est de retour pour voir sa fille, Frances Bean Cobain, mais Courtney ne veut pas. Elle ne veut pas qu'il parte deux fois. Elle ne veut pas qu'il fasse à leur fille, si fragile, ce qu'il a fait à elle. Elle préfère qu'elle vive dans l'ombre de la légende de son père, à imiter ses succès sur Rock Band dans la grange. C'est Karine, une fan, qui l'aidera à trouver son chemin à travers les épinettes et en participant à un talk-show télévisé.
La légende du grunge est de retour sur scène à La Petite Licorne. L'auteur Dany Boudreault y signe une courte pièce (environ une heure) et rend ainsi hommage au chanteur et à sa famille. Il retrace dans son histoire et à travers ses textes le mal de vivre qui le hantait et sa difficulté à affronter le succès.
Grâce à un jeu habile, les comédiens réussissent à imiter assez bien les personnages et à nous convaincre d'être en leur présence. Il faut admettre que plusieurs d'entre eux sont très talentueux et que la comédienne qui joue à la fois Courtney Love et Frances Bean est simplement remarquable (Ève Landry).
Cependant, les passages entre le vrai (le senti) et le parodié (le surjoué) sont parfois trop brusques, ce qui casse le rythme et empêche de s'immerger complètement dans l'histoire. Les envolées poétiques ici et là sont aussi plus dérangeantes qu'inspirantes et manquent à nous faire réfléchir au-delà de la petite histoire racontée.
Le ton déjanté de la pièce et la folie de la mise en scène réussissent à décrocher quelques rires dans la petite salle, mais on ne croit pas au fantôme de Kurt Cobain... peu importe.
Je suis Cobain (peu importe)de
la compagnie de Théâtre Sans domicile fixe est présentée jusqu'au 2
mars 2010 à La Petite Licorne, 4559 Papineau.
Un texte de Dany Boudreault mis en scène par Charles Dauphinais et interprété par Dany Boudreault, Charles Dauphinais,
Marie-Ève Des Roches, Ève Landry et Emmanuel Reichenbach.