Appelons-la Maude. C'est beau, Maude. Ça se prononce "mode", dit à la française. Elle est le genre de fille à manger des banana split malgré le risque de courber sa ligne, et à s'endormir longtemps après s'être couchée, parce que c'est le moment que choisi son esprit pour tergiverser.
Aujourd'hui Maude n'appellera pas ses amis. De toute façon ils ne répondent jamais. Un peu comme la semaine passée. Le festival Fringe de Montréal y allait de tous l

es types de spectacles, de l'humour à la musique, mais personne n'a décroché pour l'accompagner. Elle aurait bien aimé discuter des spectacles avec quelqu'un, comme des petits bijoux du genre 4 contes crades de Maxime de Munck ou Mya...la robotte de Marie-Des-Neiges Poliquin. Peut-être pourriez-vous lui laisser un commentaire, question de lui remonter le moral? Sinon, elle se reprendra lors du Zoofest, un nouveau festival dans le même genre qui aura lieu du 10 au 26 juillet. Pas chers et partout, les spectacles au programme garantissent des découvertes à tout coup.
http://www.zoofest.ca/
Enfin, pour ce qui est d'aujourd'hui, il fait trop beau pour aller au cinéma, Maude enfourche donc son vélo. C'est la nouvelle affiche du 33e FFM (Festival des Films du Monde) qui lui a donné l'idée. Une affiche caractérisée d'"explosive" par Mathieu Lavoie, son concepteur. La programmation toutefois, ne sera dévoilée qu'en juillet.
http://ffm-montreal.org/fr_index.html
Retour à Maude. Le iPod dans les oreilles, elle écoute les nouvelles pistes téléchargées au hasard. Tiens, quelque chose de différent. Immobilisée à la lumière, Maude jette un coup d'oeil au titre. "Les feuilles mortes"...de Iggy Pop? Eh bien. Maintenant qu'il chante en français, qu'il participe au spectacle de la Saint-Jean!
http://www.youtube.com/watch?v=TVB0AaAhDlY
Maude songe à l'avenir de cette belle grande fête qui se veut hommage à la tradition. Saint-Jean-Baptise lui-même en aurait pour des années de thérapies de groupes, musicaux ou pas, francophones ou non, pour se remettre de l'anéantissement du 24 juin. Si le plaisir n'y est plus au rendez-vous, c'est une bonne partie de la flamme québécoise qui s'éteindra avec le gros feu de la Saint-Jean. Maude en est certaine, elle y a réfléchit avant de s'endormir l'autre soir.
La bicyclette dévale vers le sud, évitant de justesse de nombreux nids de poule. Elle décide de s'aventurer dans les dédales du Vieux-Montréal avant d'arrêter sa course effrénée. Maude fronce les sourcils. Toute menue sur un trottoir adjacent, son délicat minois caché derrière d'immenses lunettes soleil noires, on aurait juré Mary-Kate Olsen. Ça lui revient. La nymphette américaine est de passage à Montréal pour le tournage de
Beastly, un remake du conte La Belle et la Bête.

Tranquillement, les Américains reviennent tirer profit de nos paysages et sites de tournage, comme ils l'avaient fait pour The Curious Case of Benjamin Button. Eh oui, le beau Brad a battu le pavé dans le Vieux-Montréal, et vous l'avez manqué de peu.
Décidément, Montréal prend du bon avec le retour de l'été. Reste à régler ce problème d'identité d'ici le 24 au soir, repense Maude. Le calendrier maya prévoit la fin du monde pour 2012. Faut-il s'attendre à la fin de l'ère québécoise d'ici là? Pas si on choisit d'évoluer, de s'adapter. Maude arrive à cette conclusion en même temps qu'à sa destination, cadenassant son vélo à un parcomètre du Vieux-Port. Les Américains, on les héberge bien en anglais, non? Les films du monde sur nos écrans, ils sont tous en français, vous croyez? La diversité, qu'on appelle ça. Et ça ce célèbre tout autant.
Devant un glacier, elle hésite. Queue de castor patriotique ou banana split classique? Banane, c'est meilleur.
Maude s'installe sur un banc isolé, juste à temps pour voir éclater les premiers feux d'artifice de la soirée. Ce moment de bonheur à se sucrer le bec au son des craquements de lumière, c'est comme un petit bout de paradis. Vous l'avez deviné, c'est un samedi soir pas comme les autres à Montréal.
À la fin de la soirée, Maude enfourche son vélo, les yeux remplis d'étoiles pétillantes. Inutile de se casser la tête pour passer un bon moment. Ce qui compte, c'est pas l'artiste tout seul sur la scène, ce sont les gens réunis ensemble dans la foule. Ce n'est pas (Ouf! Maude esquive Mary-Kate, tombée dans un nid de poule) la langue d'un groupe, c'est la voix d'un peuple.
Oh well.
Bonne Saint-Jean! Bon cinéma! Et surtout...bon été!
Marie-Sophie