Les différents "clubs" finissent toujours par passer date. Quand j'étais petite, il y avait une série de livres appelée "Le Club des Babysitters". Fini. Plus tard, j'ai passé des genres d'audition pour faire partie du club d'impro du secondaire. Fini. Ensuite, je sortais pratiquement quatre soirs par semaine dans les clubs montréalais. Fini aussi. Du moins, à ce rythme!
C'est maintenant au tour des clubs vidéo montréalais de connaître un lent mais prévisible déclin.
Prévisible, oui.
Sortir au cinéma coûte de plus en plus cher. Les gens ont donc eu comme premier réflexe de rester chez eux. De prime abord, les vidéos du coin avaient la balle dans leur camp. C'est l'époque où les frais de retard diminuaient et que les forfaits de location s'amélioraient.
Puis, petit à petit, téléséries et films sont devenus accessibles via le World Wide Web. Moins cher qu'une sortie en ville, puisqu'on économise et le billet, et le gaz pour s'y rendre. Même chose pour le club vidéo. Pourquoi se déplacer et risquer de ne pas dénicher le film en question puisque déjà loué ou pas encore paru en DVD? En plus, avec un bon forfait Internet, il est possible d'écouter la totalité des épisodes de Tout sur moi pour une fraction du prix de la location. Et puis si vous aimez vraiment la série, vous déciderez de l'acheter, mais certainement pas de la louer.
Finalement, de la même façon que le support (VHS, DVD, Blu-ray) ont changé, les écrans se sont adaptés. Auparavant, il fallait absolument se déplacer au cinéma pour y profiter d'un grand écran. Maintenant, la surface de certaines télévisions ne se compte plus en pouces, mais pratiquement en pieds! L'expérience cinématographique est accessible au sein de tous les foyers. Et bien sûr, avec des sites de téléchargements constamment mis à jour, les ordinateurs deviennent la toute dernière version de l'écran d'argent. Et que dire de la qualité de certains écrans de cellulaires?
Enfin. Je ne pense pas qu'il y ait moyen de sauver les clubs vidéo. Ceux qui se consacrent au répertoire perdureront peut-être un peu plus longtemps grâce à leur inventaire unique, mais ce n'est qu'une question de temps. Nous avons affaire à du darwinisme technologique, une sélection naturelle du divertissement. Un peu comme les dinosaures, nous trouverons dans quelques milliers d'années de vieilles cassettes, de vieux DVD fossilisés dans de gargantuesques dépotoirs indiens.
Et sous des couches et des couches de glaise macérée par les pluies acides et des fonds de lacs croûtés d'algues bleues, un peu comme à Pompéi, il y aura une civilisation entière figée dans le temps. Une civilisation qui, ayant eu tout le nécessaire à porter de la main, ne sortira plus de chez elle et momifiera tranquillement dans sa chaise de bureau, souris à la main (si elles existent encore), en téléchargeant blockbusters et séries cultes.
Je termine sur une note un peu plus nostalgique qui vous encouragera peut-être à quitter le confort de votre chez vous, peut-être fraîchement acquéri depuis le 1er juillet.
Le...CINÉ-PARC.
Vous l'aviez oublié celui-là? Oui c'est loin, mais c'est deux films pour moins que le prix d'un. C'est la possibilité d'écouter un film en pyjama sans être à la maison. C'est la possibilité de "sneaker" un réel festin de malbouffe pour un picnic sous les étoiles. Direction St-Eustache ou Boucherville, les deux derniers irréductibles à proximité.
Tel que mentionné précédemment, nous entrons dans une nouvelle ère qui exclu les clubs vidéo. Un autre club de moins. Gardez votre carte de membre. Vous pourrez peut-être vous faire une petite fortune en la revendant à un musée dans quelques années.