Un vagabond erre dans une salle comble. Sur scène, quelques tas de feuilles éparses qui s'avéreront plus tard le décor d'un cimetière. Après avoir glané quelques dons "pour les enfants perdus", le vagabond retourne sur scène montrer son pécule à un comparse inanimé. Une marionnette de mousse. Un ange déchu. Bientôt, celui qui se présentera comme l'ange Gregory prendra vie et partagera la vedette d'un spectacle tout en danse, musique, et jeux d'ombres.
Duda Paiva, de son vrai nom Eduardo de Paiva Sousa, est sans contredit un artiste accompli. Virtuose du mouvement, il se donne corps et âme pour susciter l'intérêt, et provoquer l'émerveillement du public grâce à une performance visuelle débordant de l'ordinaire. Et la marionnette, ne l'oublions pas! Soulignons qu'elle est tout aussi expressive que l'artiste lui-même, interagissant même par moment avec la salle. Mais qui est ce macabre chérubin, ce sarcastique angelot avec lequel le vagabond partage une complicité évidente malgré une violente relation amour-haine? Cherche-t-il la mort ou l'a-t-il déjà trouvée?
Angel ne laisse personne indifférent. Conquis, le public qui auparavant refusait d'abandonner quelques sous au quêteux lui offre plusieurs généreux rappels une fois la représentation terminée. Qui aurait cru au succès retentissant d'un spectacle de marionnettes pour adultes? Définitivement, un spectacle qui ébranlera la génération Passe-Partout avec son semblant de Pruneau sur l'acide. N'oubliez pas votre change. Au Théâtre Lachapelle jusqu'au 7 novembre.