Ze Psykotyk Happening Project ou la mort d'Alice...
Vingt minutes avant le début de la représentation, le chaos est déjà bien en place. Peter James et sa bande de schizophrènes errent dans les escaliers, l'entrée, le bar, la scène, la salle...partout. Douze comédiens se mêlent au public dans une cohésion hétéroclite totale. "Je suis petit, petit, petit...", me confie un nain de jardin à mon arrivée. Bruits, musiques, paroles, cris, acrobaties, danse. "Ah que j'étais jeune un jour!", scande l'artiste créateur, levant sa bière à Marguerite Duras (ou aux bombes d'Hiroshima?). Nous voilà témoin du Psykotyk Happening Project, le cabaret post post-existentiel de Peter James.
La représentation est d'une durée de trois heures. Certains acclament et crient au génie, d'autres n'y comprennent que dalle et quittent à l'entracte. Ont-ils été scandalisé par le batteur travesti ou par la proéminence du godemiché au front de l'énergumène rayé au fond de la salle? Qui sait. La scène n'ayant pas de limite, les comédiens font également office de décor ambulant, errant parmi les rangées de sièges comme à travers un asile dépourvu de surveillance. Même Bertrand Chénier, responsable de la musique installé au fond de la salle, se fait complice dudit batteur et se prête au jeu du chef d'orchestre du happening, Peter James. Personne n'est épargné mais tous survivent pour en parler.
Visiblement, difficile de faire un compte-rendu d'un spectacle indéfinissable. Peter James n'est pas à la portée de tous. Chose sûre, Ze Psykotyk Happening Project est une expérience en soi. Une ode au too much, exacerbation du refoulé artistique, point culminant d'un cauchemar de Lewis Carroll. Encore une fois, voici une preuve de l'audacieuse programmation de Jack Udashkin et Jérémie Niel.
Un spectacle qui déchire la routine. Coeurs sensibles, s'abstenir.