Hobo né sous une bonne étoile, Charlie Winston, trentenaire, a atteint
les objectifs de carrière qu’il s’était fixés cinq années plus tôt.
Rencontre vagabonde.
Hobo, terme d’origine américaine désignant une personne sans domicile
fixe. L’expression « vivre comme un hobo » évoque aussi l’idée
romantique de la liberté et d’un style de vie sans contrainte ni
convention. Cliché, peut-être, mais qui colle parfaitement au chanteur
folk qui participera cet été au rassemblement Osheaga et au Festival
d’été de Québec.
Second passage au Québec en moins d’un an pour Charlie Winston,
puisqu’en mars dernier, il offrait au public montréalais une mémorable
prestation dans le cadre du lancement nord-américain de son album Hobo
à l’Astral.
Ce citoyen du monde d’origine britannique et parisien d’adoption
aurait-il développé une quelconque fascination pour la Belle Province ?
« J’aime les villes où la culture est prédominante, comme Bruxelles,
Berlin ou San Francisco. Montréal me plaît bien aussi. Je vais où les
gens veulent de moi. Je travaille fort, j’aime ce que je fais et je
veux réussir, mais je ne m’impose pas. » déclare le musicien.
Trop hobo pour être vrai
Refus de s’imposer… à Peter Gabriel par exemple, lorsqu’il le rencontre
pour la première fois aux studios Real World. Charlie Winston y était
en 2003, alors bassiste sur le premier album solo, Feather and Stone,
enregistré par son frère, le musicien Tom Baxter. Gabriel répétait au
même endroit pour sa tournée Growing Up, puis un jour, il vient faire
connaissance. Par la même occasion, Winston rencontre Melanie, fille
cadette du créateur des So, Up et Us. Connexion immédiate. « On est
devenus de bons amis rapidement. L’été suivant, Mel m’a invité à passer
quelques jours avec la famille Gabriel en Sardaigne. C’est à ce moment
que j’ai appris à connaître Peter davantage, ainsi que son fils Issac
âgé de 3 ans à l’époque. »
Deux mois s’écoulent. De retour en Angleterre, Winston reçoit un coup
de fil de Melanie qui lui indique que son paternel, de passage à
Londres pour y recevoir une récompense, recherche désespérément une
nounou pour son fils, le temps d’une soirée. « J’avais déjà développé
une belle relation avec Issac durant l’été. J’ai donc offert mes
services de gardien à Peter Gabriel! ». C’est lorsqu’il récupère son
héritier que Charlie lui remet enfin copie de son EP.
Quelques mois plus tard, en route vers le festival américain South by
Southwest (Texas), il reçoit un appel de Gabriel : ses chansons lui
rappellent certaines pièces qu’il avait écrites à l’époque pour
Genesis. Il aime beaucoup. « C’était le plus beau compliment que je
pouvais recevoir de sa part! » Gabriel décide illico de le signer sur
son étiquette Real World Productions.
La voix libre
Été 2007. Winston enregistre son premier album indépendant et
autoproduit, Make Way, et du même coup, se voit offrir l’opportunité
d’assurer la première partie du spectacle de Peter Gabriel en Europe.
L’album est un premier test, en vente exclusivement en ligne et en
tournée. « Le plan était de sortir deux albums indépendants comme
celui-là avant de sélectionner les meilleures pièces pour réaliser un
album officiel. ». Winston est à deux doigts de produire son second
opus lorsque l’étiquette française Atmosphérique le contacte. Gabriel
l’encourage fortement à signer avec elle, croyant fermement qu’un
lancement de disque en France est l’option toute désignée pour
propulser sa carrière. L'ex-Genesis ne se trompe pas. En seulement 48
heures, le premier single Like a Hobo atteint le numéro un sur iTunes.