Ainsi répondit Marylin Monroe lorsqu’on lui demanda ce qu’elle portait au lit. Et les autres, elles portaient quoi? Grâce à la photographie, aux friperies et aux musées, le look des femmes du siècle dernier est très bien documenté. Il est aussi facile de mettre la main sur les hits de l’époque et de savoir quel rythme les faisait taper du pied. Mais qu’en est-il de leurs parfums favoris? Quelles odeurs les suivaient d’une pièce à l’autre et parfumaient leur décolleté?
Les odeurs, évanescentes, laissent moins de traces qu’un vêtement ou qu’une chanson populaire. Il est tout de même encore possible de mettre la main sur les grands parfums du siècle dernier, recherche que je me suis amusée à faire la semaine dernière.
Voici donc une sélection qui vous permettra non seulement d’avoir le look vintage, mais aussi l’odeur vintage (et non, je ne parle pas de l’odeur des boules à mites).
Pour se sentir mythique : Chanel N°5 de Coco Chanel (1921)
Tout le monde a entendu parler de ce parfum qui reste, encore à ce jour, le parfum le plus vendu au monde. À la demande de Coco Chanel, le grand parfumeur Ernest Beaux développe plusieurs fragrances qu’il présente à la couturière. C’est le cinquième flacon qui est retenu…on connait la suite. J’ai senti ce parfum pour la première fois il y a une semaine, et je dois dire qu’il évoque pour moi les dames riches et manucurées en manteau de fourrure. Voilà, c’est dit. Si je meurs, vous saurez que je me suis fait frapper par la foudre de Chanel.
Pour se sentir légère : L’air du temps de Nina Ricci (1948)
À la défense de Chanel N°5, j’ai trouvé tous ces parfums beaucoup plus intenses et capiteux que les parfums contemporains. Par exemple, L’air du temps, créé juste après la seconde guerre, est destiné aux jeunes filles et se démarque à l’époque par sa légèreté. Il est pourtant beaucoup plus lourd que la plupart des parfums créés récemment. C’est comme avoir un bouquet de jasmin, de rose et d’œillet épinglé entre les deux narines. C’est donc dire que toutes choses, même les odeurs, sont soumises aux aléas de la mode.
Pour se sentir riche : Joy de Patou (1929)
Le parfum le plus cher au monde... Plus de 10 000 fleurs sont apparemment nécessaires pour faire 30 ml de ce pouch pouch des dieux. On m’a assuré qu’il n’était pas vendu au Canada mais qu’il est toujours disponible en Europe. Je ne l’ai donc pas senti, mais on dit qu’il est composé majoritairement de jasmin et de rose.
Pour se sentir mystérieuse : Shalimar de Guerlain (1925)
Le premier grand parfum européen dit « oriental ». Il est fait de bergamote, rose, jasmin, vanille et fève tonka (petite fève qui ressemble à un raisin sec et qui sent le musc). Lui aussi très opulent, il se démarque pourtant des parfums floraux de l’époque. À sortir pour les grandes occasions. Pour se sentir envoutante : Opium d’Yves St-Laurent (1977)
Ce parfum fit scandale à sa sortie en raison de son nom, car on avait peur qu’il incite à la consommation de drogue. Je me suis soumise à la tentation et j’ai senti cette création de musc, de la vanille, du patchouli et du santal côtoient celles fleuries du jasmin et de l'Ylang-Ylang. Cela fait maintenant 4 jours et je n’ai toujours pas envie de faire du crack. Je me croise les doigts pour que ça continue. Il reste par ailleurs mon préféré…sa dépendance se fait donc sentir de façon subtile.
Je m’arrête ici mais la liste est longue : l’Heure bleue, Arpège, Mademoiselle Coco, Anaïs Anaïs, Magie Noire ne sont que quelques autres exemples de ces parfums qui ont traversé le temps. Avec tout ce choix, vous trouverez sûrement une fragrance qui vous collera à la peau.
Pour aller plus loin
Mesdames, la prochaine fois que vous passerez le weekend à Pâriiiis, oubliez le Louvre et passez plutôt à l’Osmothèque! Ce Conservatoire International des parfums rassemble la plus grandes collections de parfums existants ET disparus. En effet, des parfumeurs ont recréé pour la postérité des échantillons de grands parfums d’autrefois. Heureusement pour nous, ils sont meilleurs chimistes que designers web. www.osmotheque.fr