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Paru le 20 février 2009 par Alain Hocherau

3 projets, 3 quartiers

Les édifices résidentiels neufs fleurissent à Montréal, indiquant que nombreux sont ceux qui souhaitent encore rester sur l’île. En voici trois, pour trois approches différentes qui montrent bien qu’il faut de tout pour faire un monde.

Lofts industriels au Quartier des spectacles
Après de nombreux avatars qui ont mis en péril la rénovation de l’ancien bâtiment industriel du 10, rue Ontario Ouest en lofts de luxe, le projet rebaptisé Lofts des arts verra finalement le jour. Ce sera l’occasion pour les amateurs d’espaces habitables ouverts de s’offrir une expérience Art déco très urbaine, avec vue sur le Quartier des spectacles, moyennant un budget de 219 000 $ hors taxes et plus…

Le cachet de l’histoire
Construit entre 1915 et 1945 pour le compte des Distilleries Dominion, cet ancien bâtiment industriel d’inspiration Art déco a accueilli toutes sortes de locataires. D’entrepôt de gin et de whisky pendant la Prohibition, il s’est transformé successivement en usine textile, imprimerie, salle de jeu, cabaret et, plus récemment, ateliers d’artistes. Le projet de Lofts des arts a conservé ce cachet historique, non seulement dans la fenestration, le parement de brique de la façade et son ornementation, mais aussi à l’intérieur des appartements, en laissant apparentes certaines colonnes de béton et poutres d’acier d’origine et en maintenant la hauteur des plafonds de 11 pieds.

Des lofts semi-fermés
Outre un penthouse sur deux étages et un appartement de trois chambres, les quelque cent unités du bâtiment de 10 étages sont configurées selon un style de lofts urbains de 819 à 2200 pieds carrés, avec une vaste cuisine semi-professionnelle trônant au milieu d’un espace résolument ouvert. Néanmoins, la mode n’étant plus vraiment au loft stricto sensu, dans la plupart des unités, une ou deux chambres ont été aménagées. L’astuce du constructeur aura été de ne pas élever les cloisons jusqu’au plafond et d’éviter d’ajouter des portes afin de laisser passer la lumière et de conserver l’esprit du loft.

Simplicité et qualité
Si le promoteur a conservé le cachet industriel du bâtiment, il a utilisé des matériaux de qualité pour réaliser les finitions: granit pour les comptoirs, bois naturel pour les sols et le mobilier de cuisine… Pourtant, chaque appartement a son caractère propre. Cela s’explique d’abord parce que quelques-uns ont été aménagés selon les désirs des clients de l’ancien projet de réhabilitation avorté. Certains planchers sont en bois brésilien, d’autres en érable et même en tec. L’autre explication est qu’il a fallu s’adapter à la configuration de l’ancien entrepôt industriel. Ainsi, toutes les portes d’entrée ont été faites sur mesure.


Design graphique dans la Cité du multimédia
Il est malheureusement trop rare de pouvoir souligner la qualité de l’architecture des projets immobiliers résidentiels qui naissent chaque année à Montréal. Malgré tout, certains savent sauver la mise, comme le M9, une réalisation de la talentueuse jeune agence d’architecture NOMADE, qui a su concilier audace et pragmatisme. La deuxième phase de ce projet (qui en prévoit quatre) doit être livrée au printemps 2010.

Une architecture graphique audacieuse
Comme pour la première phase du projet M9, le traitement de la façade de la phase II est très graphique, grâce à un choix audacieux de couleurs et de texture. Mais c’est surtout le jeu asymétrique des façades et la fenestration pluridimensionnelle qui étonnent. Les architectes ont adopté une démarche tout à fait originale, qui consiste à partir des besoins des usagers pour arriver à un design spectaculaire. C’est en effet une modélisation sur informatique des besoins d’ensoleillement, de vue et d'intimité de chaque pièce qui est à l’origine de ce design.

Des aménagements intérieurs contemporains
À l’intérieur de ce bâtiment de neuf étages, les 48 unités d’habitation de 670 à 2000 pieds carrés affichent une architecture intérieure ouverte offrant un espace moderne et lumineux, avec planchers de chêne et plafonds de béton exposé. C’est le style loft urbain qu’on a voulu reproduire ici, avec tout de même le choix d’avoir jusqu’à trois chambres fermées. Les douze penthouses, qui coiffent le sommet de l’édifice d’un dôme de verre, ajoutent une note de luxe à l’ensemble. Aménagés sur deux à trois étages, avec leur large baie vitrée, leurs deux à trois salles d’eau et leur terrasse et ascenseur privatif, ils offrent une vue spectaculaire sur Montréal et le fleuve.

Un quartier en mutation pour jeunes cadres branchés
Avec son environnement de style et ses prix qui oscillent entre 198 000 $ et 829 000 $, taxes incluses, le M9 s’adresse à une clientèle de professionnels de 30 à 40 ans qui aiment les quartiers en devenir. Car si le secteur n’est pas encore très stimulant, il va prochainement connaître de profonds changements. Situé au bord de la Cité du multimédia, le M9 est au premier plan pour assister à la transformation de l’autoroute Bonaventure en boulevard urbain, à l’aménagement du canal Lachine et à la création d’un mégacentre commercial au cœur du quartier limitrophe de Griffintown.


Vie écologique en ville
C’est la mode: les édifices résidentiels ne veulent plus se contenter de proposer un habitat. Ils veulent créer un espace de vie dans lequel les habitants vont pouvoir s’épanouir, voire socialiser. Le projet du Quartier 54 s’inspire lui aussi de cette tendance.

Un «quartier» urbain
Situé dans le secteur de Rosemont, qui s’est beaucoup développé depuis que le marché du Plateau-Mont-Royal est saturé, le Quartier 54 veut proposer à ses habitants une vie de quartier, avec ses espaces verts et ses services de proximité. L’édifice de huit étages, qui constitue la première des trois phases du projet, prévoit ainsi un café, une boulangerie et une garderie en rez-de-chaussée ainsi qu’une terrasse commune sur le toit et une cour intérieure paysagère.

Un «quartier» écologique
En outre, le projet a été pensé dans une optique écologique. Établi à proximité de la station de métro Rosemont et des pistes cyclables de la rue Boyer et du boulevard Rosemont, il offre également un stationnement pour vélos en sous-sol et une toiture végétalisée. En outre, chaque appartement dispose d’espaces de recyclage et est équipé d’un récupérateur de chaleur Novoclimat.

Un havre pour jeune famille urbaine
Si le Quartier 54 propose des appartements clairs, avec une finition de qualité, les prix restent raisonnables, entre 150 000 $ et 315 000 $, taxes incluses. Selon une entente avec la Ville de Montréal, le projet devait inclure 15 % de logements abordables. Ainsi, avec ses 97 unités qui proposent jusqu’à trois chambres, sur des surfaces comprises entre 500 et 1100 pieds carrés, le Quartier 54 s’adresse à de jeunes ménages qui ont normalement peu les moyens de demeurer à Montréal et qui se rabattent sur la banlieue pour faire leur premier achat immobilier.










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