Alors que Dimitri Chris fait déjà partie des designers les plus prometteurs au Québec, l’étoile montante est bien loin d’avoir terminé son ascension dans le monde de la mode.
Ses études en mode terminées et un diplôme de l’Académie internationale de design en poche, c’est depuis près de 10 ans qu’il dessine professionnellement. Et l’avenir semble lui être plus que favorable, puisqu’il impressionne partout où il met les pieds depuis la présentation de sa première collection de prêt-à-porter en 2009. Cette année, Dimitri reprend d’assaut la Semaine de mode de Montréal... et s’en va conquérir celle de Toronto!
Peux-tu nous expliquer ce qui t’a poussé à devenir designer?
C’est difficile à dire, mais peut-être le fait que j’étais toujours entouré de tissus. Ma mère était couturière et j’étais toujours à la maison avec elle, sans oublier que j’ai grandi avec deux sœurs qui ramenaient souvent des magazines de mode chez nous. Ça m’a surement attiré vers le vêtement. Je ne dirais pas que j’étais né pour devenir créateur de mode, comme d’autres peuvent le dire, mais j’ai tout simplement baigné là-dedans.
Donc, tu as commencé très jeune à t’y intéresser?
Oui. Par exemple, j’ai commencé vers huit ans à faire des croquis... D’ailleurs, ma mère les garde précieusement à la maison en prétextant qu’elle pourra les donner au futur musée qu’on ouvrira pour moi! Déjà à sept ans je cousais des vêtements pour les poupées Barbie de mes sœurs en utilisant les retailles de tissus de ma mère.
Qu’est-ce qui t’inspire quand tu crées une collection?
En général, ce sont des états d’esprit, des sentiments, des paroles, une chanson ou tout simplement quelque chose que je j’ai vu dans la rue. Pour moi, chaque vêtement a une émotion, chaque look aussi. D’ailleurs, je ne crée jamais seulement un morceau, je crée toujours le look au complet qui rappelle un sentiment... et de là, on le décortique pour créer les vêtements qui composent la tenue.
Est-ce que tu vois une évolution dans tes créations depuis le début?
Il y a un an, la collection reflétait vraiment mon humeur à moi. J’ai vécu des expériences personnelles hors de l’ordinaire, un peu étranges... et donc, j’ai vraiment créé dans un esprit plutôt sombre, avec beaucoup de couleurs foncées. Pour la collection de ce printemps, tout a viré! J’étais de meilleure humeur et beaucoup plus positif.
Donc, à quoi devons-nous nous attendre pour le printemps et l’été 2010?
Un peu de nostalgie, mais rien de trop triste, puisque c’est beaucoup moins noir que la collection précédente. Il y a beaucoup de beige, mais aussi de la couleur. L’inspiration est venue d’une copine qui était habillée de tricots agencés d’une façon particulière, et de là est née l’idée originale. Je ne veux pas trop en dire, mais c’est un suivi progressif des collections des prochaines saisons, du point de vue visuel.
Cette année, tu vas à Toronto pour présenter ton défilé. Est-ce une première?
Oui, c’est une grande première pour moi, ils sont très excités que je sois avec eux pour la Semaine de mode. C’est tout de même un autre univers! C’est très sérieux, très bizness, très «corporatif»... Par exemple, à Toronto, les gens prennent congé juste pour aller voir tous les défilés. À Montréal, les gens viennent le plus souvent selon leur horaire de travail.
Et sur le plan de la mode, quelle est la différence avec Montréal?
La mentalité est très différente! Ici, on est beaucoup plus avant-gardistes. Ce n’est pas pour rien que les gens disent qu’on a plus de style à Montréal! À Toronto, les gens sont vraiment plus conservateurs. En ce qui concerne le défilé, il ne faut pas trop en mettre, et viser un aspect plus commercial.
Penses-tu que ta collection suscitera de bonnes réactions?
Je crois, oui, car elle est beaucoup plus commerciale que celle d’avant. Je rencontre les responsables bientôt, je vais visiter les lieux... Il parait d’ailleurs que la salle est trois fois plus grande que celle de Montréal! C’est un stress en partant, puisque ce n’est pas nécessairement évident de la remplir quand on n’est pas encore connu là-bas. Mais avec l’entrevue que j’ai donnée à FashionTelevision, la dernière saison, et qui a été diffusée partout au Canada, ça devrait préparer un peu tout le monde; je ne serai pas totalement inconnu.
Peux-tu nous parler de ton projet de prêt-à-porter sur mesure?
Je collabore avec Modasuite, qui est une boutique en ligne pour laquelle je conçois chaque saison une collection de prêt-à-porter pour hommes. Ce qui est magnifique avec ce site internet, c’est que tout est fait sur mesure tout en restant du prêt-à-porter. La personne intéressée n’a qu’à s’inscrire sur Modasuite, entrer ses mesures personnelles puis choisir les looks qui lui conviennent. Par la suite, ses tenues préférées sont confectionnées parfaitement à sa taille. C’est fantastique!
Les prix sont très abordables. Où sont confectionnés ces vêtements?
Il y a des gens qui n’aiment pas l’idée que ce soit fait en Chine, mais je suis moi-même allé là-bas, je supervise le tout et les personnes travaillent dans de très bonnes conditions. Les vêtements sont aussi très bien faits, les coutures sont impeccables et les couturiers ont été formés par des tailleurs italiens et anglais.
Est-ce que Modasuite présente seulement des vêtements pour hommes d’affaires?
Cette saison-ci, on a ajouté une collection un peu plus mode et moins bizness. C’est excitant! Et cet automne, on se lance dans la collection pour femmes.
Pour terminer, que peut-on te souhaiter pour 2010?
Une année de mouvements, une année où on ouvre ses ailes et on s’envole. Éventuellement, je rêve de faire un défilé à Paris. Vendre dans des boutiques comme Printemps, Colette, L’Éclaireur... Quel jeune créateur qui démarre ne rêve pas à ça?
Dimitri Chris sera à la Semaine de la mode le 3 mars prochain pour la
présentation de sa collection automne-hiver 2010-2011. Soyez-y aussi!
modasuite.com urimij.com
Crédit photo principale // Julie Gauthier
Crédit photo collection // Sebastien Roy